21 octobre, 2015

Ville voyageuse

Sur le plan de la ville, la place de la Résistance est un demi-cercle dessiné et posé sur un double trait représentant les quais de la Loire, un axe vertical formé par le vieux pont au Sud et la rue principale au Nord coupe ce demi-cercle en deux. Chaque quart de cercle est lui-même divisé en deux. Côté Ouest se trouvent trois banques réparties sur les deux huitièmes de cercle, côté Est ce sont trois bars répartis comme les banques en face. Tous font face à la Loire, en contrebas, présente et loin.

Lorsque je suis arrivé à Blois, j’ai aimé commencer mes journées en allant prendre un petit déjeuner dans l’un des bistrots de cette place. En quittant ma maison, je retrouvais les quais de la Loire, longeais son parapet jusqu’à la place. Je profitais des premiers rayons de soleil et marchais comme l’on marche sur le pont d’un navire en regardant le mouvement de l’eau en bas, j’aimais le confondre avec celui de la ville. Lorsque je trouvais ma place dans le café, je me collais à la verrière exposée au Sud-Est pour être au plus près du fleuve. Le trottoir et la chaussée me séparait de la Loire devenue absente, elle était suggérée. Le mouvement de l’eau imperceptible était pourtant là puisque tous ces ingrédients invisibles me donnaient cette merveilleuse impression d’être dans une ville voyageuse.

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